PINK FLOYD : Groupe phare du rock progressif et de l’exploration musicale, Pink Floyd est une formation mythique. Créé en 1964, elle est d’abord menée par Syd Barrett. Ce dernier est un grand consommateur de LSD et ça se ressent dans la musique. Le premier album de Pink Floyd est composé de mélodies simples, d’un son très recherché et d’une couleur géniale. La consommation de Barrett lui détruit la santé et il devient bientôt très instable psychologiquement. En plein concert, il arrache les cordes de sa guitare et s’enfuit en courant. Parfois, il joue la même note en boucle pendant un concert au complet. Les autres membres doivent bientôt engager David Gilmour pour assurer le rôle de guitariste que Barrett ne remplit plus. Après son départ, Gilmour prend officiellement le rôle de guitariste. Pink Floyd se lance alors dans une période d’intenses expérimentations musicales qui dure cinq ans et de nombreux albums. Un moment phare de cette période est le concert à Pompéi en Italie où Pink Floyd joue sans public dans les ruines de cette ville engloutie par un volcan au premier siècle après Jésus Christ. C’est sans doute l’époque où tous les membres ont été les plus égaux. L’apogée de ce mouvement, c’est l’album The Dark Side of the Moon. Cette oeuvre sans pareille laisse par contre voir la mainmise du bassiste Roger Waters sur l’écriture des paroles et sur la direction que prend la musique de Pink Floyd. Leur album suivant, Wish You Were Here, emmène déjà quelques tensions entre lui et les autres membres du groupe, mais ils mettent leurs différents de côté pour rendre Wish You Were Here aussi parfait que possible. C’est un hommage à Syd Barrett, sept ans après son départ du groupe.
C’est à Montréal que Waters a pour la première fois l’idée de The Wall. Furieux à cause du public indiscipliné, il imagine un artiste qui construirait un mur entre lui et le monde, idée à la base de The Wall. Tout l’album est en fait un opéra rock, donc une histoire racontée à travers toutes les chansons. Le film du même nom est encore plus clair au sujet de l’histoire. Il raconte l’histoire de Pink, musicien qui se créée un mur mental entre lui et sa vie merdique. C’est à ce moment que s’accentuent les conflits entre Waters et les autres membres. Il met dehors le pianiste Richard Wright, mais continue à l’engager à contrat pour les concerts. Lorsque Pink Floyd sort The Final Cut, on peut lire sur la pochette du vinyle que c’est un album de Roger Waters interprété par Pink Floyd. En effet, ce CD est un reflet des angoisses du bassiste. Comme plus personne ne se reconnaît plus dans Pink Floyd, les membres commencent à produire des albums solos. Waters quitte en 1985, considérant qu’il n’y a plus rien à tirer de son ancien groupe. Gilmour décide alors de prendre la direction de Pink Floyd. Un de ses premiers gestes est de réintroduire officiellement Richard Wright. Il créé presque seul Momentary Lapse of Reason, plus ou moins apprécié par les critiques et le public. Puis, après sept ans sans album, ils sortent The Division Bell en 1994, album contenant des chansons plus commerciale, mais encore très recherchées. Ce sera le dernier album de Pink Floyd. Il s’achève par la chanson High Hopes, considéré comme une des meilleurs du groupe. C’est ainsi que s’achèvera l’histoire d’un des groupes les plus influents de l’histoire du rock. Les quatre membres (Waters, Gilmour, Mason et Wright) ont rejoué ensemble une fois en 2005 pour un concert. Gilmour, Mason et Wright ont rejoué ensemble à quelques autres occasions, notamment au concert hommage à Syd Barrett qui suivit sa mort en 2006. Wright est décédé en 2008, enterrant avec lui Pink Floyd pour de bon.
Dernière performance des quatre membres de Pink Floyd en 2005
THE DARK SIDE OF THE MOON : The Dark Side of the Moon sort en 1973, une des meilleures années de l’histoire de la musique. La même année, Aerosmith et Queen sortent leurs premiers albums, Bowie sort Aladdin Sane, George Harrison et Ringo Starr sortent un album chacun. Genesis sortent Selling England by the Pound, un de leurs plus grands chefs d’œuvres et The Who fait de même avec Quadrophenia. C’est pourtant cette création de Pink Floyd qui passera à la légende. C’est une critique de la société faite sur un ton très poétique et philosophique. L’album commence par un mixage d’effets sonores qui introduisent la première pièce, Breathe. Celle-ci raconte l’histoire d’un vieil homme suggérant à un nouveau né de consacrer sa vie au travail. Évidemment, le ton de Waters est empreint de sarcasme. Le but est beaucoup plus de critiquer cette vie d’efforts continuels. On the Run parle de la pression du voyage et se veut aussi une introduction au thème de la folie qui sera repris plus tard. La troisième chanson, Time, soutient qu’il faut prendre le contrôle de notre destinée maintenant et ne pas attendre un avenir meilleur, car le temps passe très vite et on ne peut pas revenir au passé. The Great Gig in the Sky est une performance vocale majeure de Clare Torry, une chanteuse anglaise. Les membres de Pink Floyd lui ont demandé d’improviser en pensant à l’horreur et à la mort. Money est peut-être la plus acerbe des critiques. En effet, le second degré n’est pas très subtil dans cette magistrale chanson dénonçant le culte de l’argent. Plus douce, la chanson suivante, Us and Them, est une critique de la guerre. Any Colour You Like, chanson instrumentale, traite de la peur de faire des choix et du manque de possibilités dans la société humaine. La suivante, Brain Damage, est une chanson adressée à Barrett et traitant de sa maladie mentale déclanchée par l’abus de LSD. Finalement, Eclipse se veut une synthèse de ce que Pink Floyd a défendu tout le long de l’album. On y entend aussi la célèbre phrase: “There is no dark side of the moon, really… matter of fact it’s all dark.” Il paraît que c’est le concierge des studios Abbey Road qui l’aurait prononcé innocemment alors que les membres du groupe tentaient de lui expliquer leur concept. Ils ont adoré cette réponse, s’inscrivant parfaitement dans leur critique.
THE WALL : The Wall est un opéra rock traitant de la solitude et de l’isolement. Il raconte l’histoire de Pink, homme vivant une enfance assez perturbée par la perte de son père (in the flesh?, Another Brick in the Wall I) ses professeurs qui briment ses élans créatifs (The Happiest Day of our Lives, Another Brick in the Wall part II), sa mère qui le surprotège (mother) etc. Il devient une rock star, mais sa vie n’est pas beaucoup plus rose, à cause entre autre de sa mauvaise relation avec sa femme qui le trompe (Don’t Leave Me Now) Il finit par tomber dans la violence (One of My Turns) et la dépression (Comfortably Numb) et à prôner la haine et l’intolérance, devenant un dictateur fasciste(In the Flesh, Run Like Hell, Waiting for the Worms), jusqu’à ce que sa consciente le pousse à un procès intérieur (The Trial) qui le mènera à abattre le mur qu’il avait dressé pour se couper du monde. Il y a énormément de points en commun entre Pink et Waters, entre autres la perte de son père à la deuxième guerre mondiale lorsqu’il était bébé, sujet qui traumatise Waters et dont il ne cessera de parler. Il y a également beaucoup de points en commun entre Barrett et Pink, comme l’isolement et la solitude ou la difficulté à vivre la célébirté. On peut dans cette optique considérer Pink comme un mélange de Waters et Barrett. The Wall sera interprété en public dans une production majeure de Roger Waters à Berlin, un an après la chute du mur. Il invitera des artistes aussi connus que Scorpions, Bryan Adams et Van Morrison, mais aussi des artistes de l’Est, comme le cœur de l’armée rouge. Il n’invite pourtant pas les autres membres de Pink Floyd dont il est séparé depuis cinq ans à l’époque. Le film The Wall est aussi un chef d’œuvre incontestable. Sans dialogue, il consiste en une série d’images aidant à suivre l’histoire. Il est parfois joué par des acteurs, parfois en dessin animé. C’est une bien sombre comédie musicale.
Je pense que simplement le groupe, avec l’évolution de chacun de ses membres, n’avait plus rien à faire ensemble. Après tout, pourquoi seraient-ils tenus de continuer ad vitam…
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Juste une remarque à propos de Dark Side et de la phrase “there is no dark side”. En fait ils avaient préparé une série de fiches avec des questions qu’ils ont posées successivement à tous ceux qui passaient par là pour enregistrer leurs réponses et les intégrer à la musique. Le concierge a aussi répondu tous comme les techniciens, les musiciens, etc. Il existe un dvd qui raconte le making off de cet album et qui est assez passionnant !
[Beau travail sinon !
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