Emmanuel Précourt Senécal, 17 ans, la planète Terre
Voilà qui est fait. Fort de cet argument de poids, j’ose espérer que le seigneur refera la décoration, mettra tous les chérubins dehors et achètera de nouvelles colonnes de son.
Emmanuel Précourt Senécal, 17 ans, la planète Terre
Voilà qui est fait. Fort de cet argument de poids, j’ose espérer que le seigneur refera la décoration, mettra tous les chérubins dehors et achètera de nouvelles colonnes de son.
Led Zeppelin est un « Super Group ». Cela veut dire qu’il s’agit d’une formation résultant de l’alliance de musiciens déjà connus. C’était très courant dans les années 1960, mais ces groupes n’existaient habituellement que le temps d’un album et chaque membre retournait à sa formation d’origine. Par exemple, le bassiste et le batteur de The Who ont déjà failli former un groupe avec Jimmy Page et Jeff Beck. Ce qu’il y a de particulier avec Led Zeppelin, c’est que les quatre membres sont resté ensemble et on fini par devenir plus connu en tant que membre de Led Zeppelin qu’avant. Tout commence par hasard lorsque le groupe du guitariste Jimmy Page, les Yardbirds, se sépare. Jimmy Page a déjà signé pour plusieurs concerts et doit trouver d’autres musiciens. Il fonde donc les New Yardbirds avec le bassiste John Paul Jones avec qui il a déjà travaillé, le chanteur Robert Plant et le batteur John Bonham. Tous les deux étaient un peu moins connus, mais très talentueux. Le groupe change rapidement de nom pour se dissocier de l’ancienne formation de Page. Ils développent un son très lourd en utilisant une section rythmique très forte et beaucoup de distorsion. C’est la naissance du Hard Rock.
Leurs deux premiers albums sont très Rock. Leur troisième contient beaucoup de pièces plus folks parfois copiées d’autres artistes. En effet, Jimmy Page reprend souvent des morceaux de pièces existantes sans nommer ses sources. En spectacle, ils se font reconnaître pour leurs solos et leurs improvisations vraiment longues. La pièce Dazed and Confused dure souvent 30 minutes quand elle est jouée live. Dans la vie, Led Zeppelin a la réputation d’être assez débauché, de détruire les chambres d’hôtel, d’abuser de drogues etc. Leur quatrième album est celui qui a le meilleur succès commercial, entre autres grâce à la ballade Stairway to Heaven. Houses of the Holy, sorti en 1973 est leur premier album à avoir un nom. Cette fois, leur musique est beaucoup plus progressive et funk. Il sera moins populaire.
Le sixième album nommé Physical Graffiti sera le dernier avant l’accident de Robert Plant. Celui-ci survit à une collision en voiture mais reste en fauteuil roulant pendant des mois et des mois. Cela n’empêche pas Led Zeppelin de sortir Presence avec un chanteur estropié. Ils sortiront encore un dernier album, In through the Out Door, en 1979. En 1980, John Bonham se saoule avec 40 oz de vodka et prends des antidépresseurs. Il tombe évanoui et se noie dans son vomi. Led Zeppelin tente de se trouver un nouveau batteur, mais rapidement les membres réalise que Bonham était indispensable et abandonnent Led Zeppelin.
LED ZEPPELIN IV :
En fait, cet album n’a pas de titre. Suite au succès moyen de Led Zeppelin III, Jimmy Page décida que leur prochain album n’aurait ni titre, ni indications permettant de savoir qu’ils étaient l’artiste. Ils ne représentèrent que quatre symboles de leur choix, représentant chacun un des membres. Black Dog a été nommée en l’honneur d’un chien noir errant qui venait leur rendre visite lors de leurs séances d’enregistrement. Les paroles ne parlent par contre pas du tout d’un chien. The Battle of Evermore est inspirée, au moins pour les paroles, du folklore écossais et du seigneur des anneaux de Tolkien. Stairway to Heaven, elle, est considéré comme une des plus grandes chansons de rock jamais écrite. La petite histoire veut que Jimmy Page ait présenté à John Paul Jones un morceau sur lequel il travaillait depuis un an. Ensemble, ils ne prirent qu’une nuit à le compléter, à y ajouter une ligne de basse, des synthétiseurs et un solo. Puis, le lendemain, Plant écrivit des paroles en deux heures. Par contre, certaines personnes souligne la ressemblance entre la mélodie et celle de Almost Cut My Hair de Crosby, Stills, Nash & Young ou de Taurus du groupe Spirit, ce qui diminue un peu le prestige qu’à la chanson.
The Doors est né de la rencontre entre quelques étudiants universitaires dont Jim Morrison. Ce dernier écrit énormément de poésie et la qualité de ces textes impressionnent certains de ses collègues étudiants qui lui proposent de fonder un groupe qui mettrait ses textes en musique. Emballé par l’idée, Morrison accepte. Au départ composé de cinq membres, le groupe change constamment sa composition. Ils changent de batteur et de guitariste, puis leur bassiste part. C’est le claviériste qui jouera à présent la basse sur son clavier. La force de The Doors, c’est leurs influences complètement différentes. En effet, le batteur John Densmore est un ancien batteur de jazz, Ray Manzarek a appris le piano classique et le guitariste Robby Krieger a appris la guitare en jouant du flamenco. Leurs son unique, les paroles parfois provocantes parfois très poétiques de Morrison et également son charisme inégalé fera leur célébrité. Morrison est un fervent défenseur de la prise de drogue et écrit même des chansons sur la drogue. Il a aussi un caractère indépendant qui ne fait pas de compromis. En 1967, The Doors est invité à participer au Ed Sullivan Show, mais la production leur demande de modifier un vers qui fait référence à un High de drogue et qui pourrait choquer le public. Le groupe leur assure que ce sera fait, mais Morrison le chante quand même, mettant l’accent sur le mot higher. Furieux, les producteurs du Ed Sullivan Show ne les inviteront plus jamais.
The Doors au Ed Sullivan Show, dont la controversée “light my fire” contenant le vers honni.
The Doors se lance dans de nombreuses chansons à tendance revendicatrices et sociales. En fait, en plus des morceaux portant sur des sujets engagés, Morrison s’amuse à laisser des phrases provocantes dans des morceaux qui paraissent au premier abord parler de sujets moins controversé, comme le cri « We want the world and we want it NOW! » sur la chanson When The Music’s Over qui sera utilisé par les militants anti-guerre du Vietnam. Morrison n’est pas à l’aise avec son rôle de star. Il commence à augmenter sa consommation d’alcool de manière dramatique et cela se ressent en concert, il est parfois incapable de terminer ses chansons, trop soul même pour rester debout. Moins intéressé par la musique, il écrit moins de chansons et Robbie Krieger doit compléter les albums avec ses propres compositions.
. En 1969 à Miami, il arrive plus d’une heure après le début supposé du concert. Il est complètement saoul, n’arrive pas à terminer une seule chanson et insulte le public, les traitant d’esclaves du système et d’abrutis qui laissent le monde mal tourner. Il finit par annoncer qu’il va se montrer nu. On ne sait même pas s’il l’a fait, à cause du mauvais éclairage de la scène et de la confusion qui régnait. Lui-même affirmera plus tard qu’il était trop saoul pour s’en rappeler. Toujours est-il que les journaux crient au scandale et que les Doors doivent annuler leurs huit concerts suivants. Morrison sera accusé de comportement indécent, de nudité publique, d’outrages aux bonnes mœurs et d’ivresse publique. Ironiquement, cela semble redonner à Morrison de l’intérêt. Il se lance dans l’écriture de son cinquième album. Celui-ci est considéré comme un de ses meilleurs. Il en écrit encore un dernier en 1971 avant d’annoncer sa retraite définitive pour se consacrer à la poésie.
J’adore cet extrait, c’est un excellent aperçu de la société puritaine encore présente à la fin des ’60
On a que le son, mais je trouve que ça montre bien à quel point il avait de la difficulté à faire son spectacle.
Il diminue sa consommation d’alcool et de drogue et s’exile à Paris. Il faut dire que les mort de Janis Joplin et de Jimi Hendrix l’année d’avant, causées par les excès de drogue et d’alcool, lui a peut-être fait peur. Il dit d’ailleurs à la blague qu’il est le suivant de la liste. C’est moins drôle quand on sait qu’il l’a effectivement été. En effet, il meurt en 1971 de causes inexpliquées. On l’enterra rapidement au cimetière du Père-Lachaise sans pratiquer d’autopsie. Cela contribue au mythe entourant sa mort. Selon certain, il serait mort d’une overdose d’héroïne, thèse accentué par le fait que sa blonde mourra de ce fléau trois ans plus tard. Il reste plus probable que la vie mouvementée de Morrison l’ait simplement rattrapé. Sans lui, The Doors sort encore deux albums qui remportent un succès décevant. Le groupe se sépare donc en 1972.
THE DOORS (CD) :
The Doors, CD éponyme, est le premier album du groupe. Il fut un succès immédiat aux États-unis. La première chanson, Break On Through (To the Other Side) Propose de dépasser les apparences de la vie et de monter à un niveau supérieur grâce à la drogue. The Crystal Ship est une chanson d’adieu qu’il a écrit à son premier amour, Mary Werbelo. C’est un des textes les plus poétiques de l’album. Alabama Song est une chanson de la fin des années 1920, reprise par The Doors, mais aussi par David Bowie. Light My Fire a été écrite surtout par Krieger. C’est cette chanson qui doit être modifiée pour passer au Ed Sullivan Show. La phrase « girl, we couldn’t get much higher » était mal reçue à cause du double sens que possédait le mot higher, faisant référence à un high de drogue. Finalement, The End est une des pièces les plus progressives de The Doors. Elle est assez hétéroclite. On y trouve plusieurs références à la drogue et aussi un passage déroutant faisant référence au complexe d’OEdipe, Morrison chante qu’il veut tuer son père et faire l’amour avec sa mère. Il a improvisé ces paroles pour la première fois alors que le groupe jouait le morceau dans un bar. Le propriétaire a jugé ces mots inacceptables et les a jetés dehors avant même la fin du morceau.
PINK FLOYD : Groupe phare du rock progressif et de l’exploration musicale, Pink Floyd est une formation mythique. Créé en 1964, elle est d’abord menée par Syd Barrett. Ce dernier est un grand consommateur de LSD et ça se ressent dans la musique. Le premier album de Pink Floyd est composé de mélodies simples, d’un son très recherché et d’une couleur géniale. La consommation de Barrett lui détruit la santé et il devient bientôt très instable psychologiquement. En plein concert, il arrache les cordes de sa guitare et s’enfuit en courant. Parfois, il joue la même note en boucle pendant un concert au complet. Les autres membres doivent bientôt engager David Gilmour pour assurer le rôle de guitariste que Barrett ne remplit plus. Après son départ, Gilmour prend officiellement le rôle de guitariste. Pink Floyd se lance alors dans une période d’intenses expérimentations musicales qui dure cinq ans et de nombreux albums. Un moment phare de cette période est le concert à Pompéi en Italie où Pink Floyd joue sans public dans les ruines de cette ville engloutie par un volcan au premier siècle après Jésus Christ. C’est sans doute l’époque où tous les membres ont été les plus égaux. L’apogée de ce mouvement, c’est l’album The Dark Side of the Moon. Cette oeuvre sans pareille laisse par contre voir la mainmise du bassiste Roger Waters sur l’écriture des paroles et sur la direction que prend la musique de Pink Floyd. Leur album suivant, Wish You Were Here, emmène déjà quelques tensions entre lui et les autres membres du groupe, mais ils mettent leurs différents de côté pour rendre Wish You Were Here aussi parfait que possible. C’est un hommage à Syd Barrett, sept ans après son départ du groupe.
C’est à Montréal que Waters a pour la première fois l’idée de The Wall. Furieux à cause du public indiscipliné, il imagine un artiste qui construirait un mur entre lui et le monde, idée à la base de The Wall. Tout l’album est en fait un opéra rock, donc une histoire racontée à travers toutes les chansons. Le film du même nom est encore plus clair au sujet de l’histoire. Il raconte l’histoire de Pink, musicien qui se créée un mur mental entre lui et sa vie merdique. C’est à ce moment que s’accentuent les conflits entre Waters et les autres membres. Il met dehors le pianiste Richard Wright, mais continue à l’engager à contrat pour les concerts. Lorsque Pink Floyd sort The Final Cut, on peut lire sur la pochette du vinyle que c’est un album de Roger Waters interprété par Pink Floyd. En effet, ce CD est un reflet des angoisses du bassiste. Comme plus personne ne se reconnaît plus dans Pink Floyd, les membres commencent à produire des albums solos. Waters quitte en 1985, considérant qu’il n’y a plus rien à tirer de son ancien groupe. Gilmour décide alors de prendre la direction de Pink Floyd. Un de ses premiers gestes est de réintroduire officiellement Richard Wright. Il créé presque seul Momentary Lapse of Reason, plus ou moins apprécié par les critiques et le public. Puis, après sept ans sans album, ils sortent The Division Bell en 1994, album contenant des chansons plus commerciale, mais encore très recherchées. Ce sera le dernier album de Pink Floyd. Il s’achève par la chanson High Hopes, considéré comme une des meilleurs du groupe. C’est ainsi que s’achèvera l’histoire d’un des groupes les plus influents de l’histoire du rock. Les quatre membres (Waters, Gilmour, Mason et Wright) ont rejoué ensemble une fois en 2005 pour un concert. Gilmour, Mason et Wright ont rejoué ensemble à quelques autres occasions, notamment au concert hommage à Syd Barrett qui suivit sa mort en 2006. Wright est décédé en 2008, enterrant avec lui Pink Floyd pour de bon.
Dernière performance des quatre membres de Pink Floyd en 2005
THE DARK SIDE OF THE MOON : The Dark Side of the Moon sort en 1973, une des meilleures années de l’histoire de la musique. La même année, Aerosmith et Queen sortent leurs premiers albums, Bowie sort Aladdin Sane, George Harrison et Ringo Starr sortent un album chacun. Genesis sortent Selling England by the Pound, un de leurs plus grands chefs d’œuvres et The Who fait de même avec Quadrophenia. C’est pourtant cette création de Pink Floyd qui passera à la légende. C’est une critique de la société faite sur un ton très poétique et philosophique. L’album commence par un mixage d’effets sonores qui introduisent la première pièce, Breathe. Celle-ci raconte l’histoire d’un vieil homme suggérant à un nouveau né de consacrer sa vie au travail. Évidemment, le ton de Waters est empreint de sarcasme. Le but est beaucoup plus de critiquer cette vie d’efforts continuels. On the Run parle de la pression du voyage et se veut aussi une introduction au thème de la folie qui sera repris plus tard. La troisième chanson, Time, soutient qu’il faut prendre le contrôle de notre destinée maintenant et ne pas attendre un avenir meilleur, car le temps passe très vite et on ne peut pas revenir au passé. The Great Gig in the Sky est une performance vocale majeure de Clare Torry, une chanteuse anglaise. Les membres de Pink Floyd lui ont demandé d’improviser en pensant à l’horreur et à la mort. Money est peut-être la plus acerbe des critiques. En effet, le second degré n’est pas très subtil dans cette magistrale chanson dénonçant le culte de l’argent. Plus douce, la chanson suivante, Us and Them, est une critique de la guerre. Any Colour You Like, chanson instrumentale, traite de la peur de faire des choix et du manque de possibilités dans la société humaine. La suivante, Brain Damage, est une chanson adressée à Barrett et traitant de sa maladie mentale déclanchée par l’abus de LSD. Finalement, Eclipse se veut une synthèse de ce que Pink Floyd a défendu tout le long de l’album. On y entend aussi la célèbre phrase: “There is no dark side of the moon, really… matter of fact it’s all dark.” Il paraît que c’est le concierge des studios Abbey Road qui l’aurait prononcé innocemment alors que les membres du groupe tentaient de lui expliquer leur concept. Ils ont adoré cette réponse, s’inscrivant parfaitement dans leur critique.
THE WALL : The Wall est un opéra rock traitant de la solitude et de l’isolement. Il raconte l’histoire de Pink, homme vivant une enfance assez perturbée par la perte de son père (in the flesh?, Another Brick in the Wall I) ses professeurs qui briment ses élans créatifs (The Happiest Day of our Lives, Another Brick in the Wall part II), sa mère qui le surprotège (mother) etc. Il devient une rock star, mais sa vie n’est pas beaucoup plus rose, à cause entre autre de sa mauvaise relation avec sa femme qui le trompe (Don’t Leave Me Now) Il finit par tomber dans la violence (One of My Turns) et la dépression (Comfortably Numb) et à prôner la haine et l’intolérance, devenant un dictateur fasciste(In the Flesh, Run Like Hell, Waiting for the Worms), jusqu’à ce que sa consciente le pousse à un procès intérieur (The Trial) qui le mènera à abattre le mur qu’il avait dressé pour se couper du monde. Il y a énormément de points en commun entre Pink et Waters, entre autres la perte de son père à la deuxième guerre mondiale lorsqu’il était bébé, sujet qui traumatise Waters et dont il ne cessera de parler. Il y a également beaucoup de points en commun entre Barrett et Pink, comme l’isolement et la solitude ou la difficulté à vivre la célébirté. On peut dans cette optique considérer Pink comme un mélange de Waters et Barrett. The Wall sera interprété en public dans une production majeure de Roger Waters à Berlin, un an après la chute du mur. Il invitera des artistes aussi connus que Scorpions, Bryan Adams et Van Morrison, mais aussi des artistes de l’Est, comme le cœur de l’armée rouge. Il n’invite pourtant pas les autres membres de Pink Floyd dont il est séparé depuis cinq ans à l’époque. Le film The Wall est aussi un chef d’œuvre incontestable. Sans dialogue, il consiste en une série d’images aidant à suivre l’histoire. Il est parfois joué par des acteurs, parfois en dessin animé. C’est une bien sombre comédie musicale.
Activité littéraire assez intéressante, on nous avait demandé d’écrire une de nos certitudes sur une feuille de papier accompagné de trois arguments pour appuyer cette certitude. Ensuite, on passait la feuille à quelqu’un d’autre qui devait écrire un court texte afin de réfuter notre certitude, le tout avec humour et style.
Voici ce que j’ai dû réfuter:
Certitude: Led Zeppelin est le plus grand groupe rock de l’histoire de la musique.
Argument 1: Ils ont écrit une des plus belles balades de l’histoire: “Stairway to Heaven”
Argument 2: Ils sont membres du Rock ‘n’ Roll Hall of Fame
Argument 3: Le batteur est mort et, malgré lui, a contribué à créer un mythe autour du groupe.
Voici mon texte:
Je suis désolé de l’affirmer à mon estimé collègue, mais Led Zeppelin n’est absolument pas le plus grand groupe rock de l’histoire de la musique. Non seulement cette croyance est fortement subjective, mais ses arguments sont tous d’honteux mensonges. D’abord, il prétend que les membres de Led Zeppelin ont écrit l’une des plus belles balades de tous les temps: Stairway to Heaven. Or, rien ne prouve qu’ils l’aient écrit. Cette chanson parle de l’attitude à adopter pour accéder au paradis. Si les membres du groupe étaient vivants, et nous prendrons pour acquis qu’ils l’étaient, lors de l’écriture de la chanson, ils ne peuvent pas être certains que ce qu’ils chantent est vrai, puisqu’ils ne sont jamais allé au paradis. Cela nous laisse devant l’épineuse question: S’ils ont écrit la chanson, elle n’est pas nécessairement vraie. Pouvons-nous donc considérer beau quelque chose de faux? La beauté n’est-elle pas synonyme de bien, de droit, de juste et de vrai? L’autre hypothèse, beaucoup plus probable, est qu’ils n’aient pas écrit la chanson qui leur aurait alors été envoyé par un ange qui, lui, avait toutes les raisons de connaître l’attitude à adopter pour accéder au paradis.
Ensuite, mon voisin continue sur sa lancée erronée en affirmant que Led Zeppelin est entré au “Rock ‘n’ Roll Hall of Fame”. Je lui concède, ils y sont. Par contre, cela n’affirme en rien leur talent. Il ne s’agit pas du “Rock ‘n’ Roll Hall of Talent”. Le libellé même de cette institution nous apprend que les groupes en faisant partie sont célèbres. Or, de nombreux artistes complètement pourris sont célèbres, parfois même à cause de leur manque de talent justement (le nom de Normand Lamour devrait vous venir en tête maintenant).
Troisièmement, mon adversaire soutient, en se fiant à je ne sais trop quelles sources, que le batteur de Led Zeppelin, John Bonham (qu’il n’a d’ailleurs même pas été capable de nommer) est mort. Or, rien ne le prouve. Après tout, il est fort probable que ce dernier ait simulé sa mort afin d’aller jouer de la batterie avec Elvis Presley dans l’antre où il vit depuis sont propre simulacre de mort. Il est bien connu que Presley est l’idole de jeunesse de Bonham. D’ailleurs, le fait que Bonham ait délaissé ses trois acolytes ainsi prouve hors de tout doute raisonnable que lui même ne trouvait pas son groupe si bon que ça.
Je concluerai en m’attaquant au préjugé sous jacent à l’argumentation du camp adverse qui déclare que Led Zeppelin était un groupe de Rock. En français, “Rock” se dit “roche”. Tous les minéralogistes et les géologues vous confirmeront que Led Zeppelin n’est le nom d’aucun groupe de roches, contrairement aux roches ignées ou sédimentaires par exemple. Si on veut absolument qualifier un groupe de musique comme le plus grand groupe de roches de l’histoire, je propose au moins les Rolling Stones ou n’importe quel orchestre ayant déjà joué “Pierre et le loup”.
Poème en prose à lire très lentement pour apprécier
Rien ne bouge,
Rien
ne
bouge.
Tout est immobile
Le mouvement, lui même, retient son souffle,
sans bouger.
Le temps fait une pause, ses filles ont cessés leurs harassants tics et leurs trop prévisibles tocs pour le laisser dormir.
Et rien ne bouge
rien
ne
bouge.
L’immobilité devient pesante. Lentement, à petit pas, elle se répand partout. Même l’air stagne. Il n’entre plus dans mes poumons, il ne caresse plus ma joue.
Et Rien ne bouge.
Rien.
Mais alors, peut-être n’est-ce pas les filles du temps qui ont arrêté leurs tics, qui ont interrompu leurs tacs.
Où est mon propre métronome?
Pourquoi le temps fait-il une pause?
Rien ne bouge,
Pas même moi,
Pas même mon sang
Plus rien ne bouge
Ou devrais-je dire,
Plus rien ne bouge pour moi
Pas même l’air
Pas même mon sang
Rien ne bouge
Rien ne bougera plus
Jamais
Rien
Comme si le jour ne s’arrêterait pas
Comme si l’amour serait encore là
Comme si toujours, tu serais près de moi
J’ai chanté, j’ai chanté pour toi
Comme si le soir serait toujours clair
Comme si mon cœur éviterait l’enfer
Comme si la peur ne pourrait plus rien faire
J’ai chanté, j’ai chanté pour toi
Comme si l’onde retenait son souffle
Comme si le monde tombait dans un gouffre
Comme si la honte s’étiolait en mousse
Comme s’il était inutile qu’on en souffre
Comme si hier pouvait être demain
Comme si la guerre pouvait cesser enfin
Comme si l’air n’était plus au chagrin
J’ai chanté, j’ai chanté pour toi
Comme si nous étions innocent
Comme si doucement tranquillement
Comme si tout deviendrait comme avant
J’ai chanté, j’ai chanté pour toi
Comme si l’onde retenait son souffle
Comme si le monde tombait dans un gouffre
Comme si la honte s’étiolait en mousse
Comme s’il était inutile qu’on en souffre
Mais le jour bientôt s’arrêtera
Mais l’amour est parti déjà
Mais tu pars et tu ne regrettes pas
Le temps où je chantais pour toi
Le soir est sombre et sans lumière
Mon coeur déjà se trouve en enfer
La peur fait oublier hier
Le temps où je chantais pour toi
Comme si l’onde ne trouvait plus son souffle
Comme si mon monde s’effondrait dans un gouffre
Comme si la honte s’associait à la frousse
Je reste ici et je souffre.
P.S. Emmanuel
(6 novembre 2009)
L’autre nuit, j’ai rêvé à un groupe de démons qui dansaient sur le bord d’un rivière. À mon réveil, j’ai écrit ça:
Quand le soleil se couche aux confins de la terre,
Se lèvent de farouches prisonniers de l’enfer,
Ils dansent avec ardeur pour notre damnation
Rejoignez-les mortels! Rejoignez les démons!
Le pays de Satan vidé de ses suppôts,
Transporte pour un temps, sur le bord d’un ruisseau,
Toute sa destruction, toute sa malveillance,
Et nous les rejoignons pour que s’ouvre la danse.
Une pensée folle qui n’appartient qu’à eux
Et un acte frivol’ pour offenser les dieux,
Un ballet infernal sur les bords d’une rivière,
Et un démon royal avec une sorcière.
Choisissez une donzelle pour partenaire,
Succube ou femme enchaîné au pêché de chair,
Et joignez la ronde où les âmes damnées
Doivent mener la danse pour l’éternité.
Il y a quelques mois de cela, j’ai fait un jeu avec deux amis. On a fait de l’improvisation poétiques. Cela veut dire que j’écris une phrase, mon partenaire écrit la deuxième, j’écris la troisème etc. Cette fois, l’expérience consistait à prendre la même phrase de départ avec deux personnes et de voir comment les poèmes se ressembleraient à la fin. Je vous les présente donc, tous les deux.
J’ai tout donné au monde et j’ai tout demandé
Il n’a pas écouté et m’a laissé tomber
Ô cruel monde, tant de rêves remis à jamais
Et tant de déceptions de ce monde que j’aimais
Je ne veux plus souffrir d’avoir trop demandé
Je vais prendre et sourire à ceux qui m’ont blessés
Car quand la joie se perd et quand l’espoir est mort
Il reste une vertu sur terre, je respire encore
Et voilà l’espoir d’un amour nouveau
Où je ne demande rien, mais reçois pourtant
Son âme, semblable à un puissant joyau
Belle comme une étoile, pure comme une enfant
C’est ma lune, mon soleil, ma mer et mon désert
Sans rien demander elle m’a tout offert
Le monde ne m’a rien donné, l’amour ne m’a rien pris
Et m’a soulagé de toutes mes afflictions
Embelli mes jours, éclairé mes nuits
Réveillé mon cœur et tué mes démons
Me voilà comblé et serein
Dans un monde où l’on cherche encore son destin
Et:
« J’ai tout donné au monde et j’ai tout demandé
J’ai pu demander aumône, mais je n’ai rien reçu
Pour cette terre ingrate je me suis dépensé
Tout dans l’espoir d’un bonheur aperçu
Je ne veux plus souffrir de ne rien recevoir
Enchaîné que je suis aux principes du devoir
Mais liberté a prix, pourrai-je le payer?
Pour qu’enfin libéré, on me laisse m’envoler
Si puisqu’il le faut j’abandonne cette terre,
Ce sera pour trouver mieux, je l’espère
Et des cendres ou mon devoir brûlera
Le phénix que je suis renaîtra
J’ai tellement donné au monde, que ma liberté
Cette vie qui abonde, elle devra l’accepter »
Voici un court extrait d’un livre que j’avais commencé à écrire. Je l’ai laissé tomber, parce que j’avais d’autres projets. Je fais toujours ça. Mais ce petit bout (dans le milieu d’ailleurs) est ma fierté, je l’adore.
Adam se vit alors tel qu’il était réellement. Ce fut un choc. Toute la laideur de son visage lui fut révélée d’un coup, sans transition. Évidemment, loin du regard des hommes, côtoyé seulement par Jean qui était un sage et par Anne qui était un ange, il avait toujours cru ressembler aux autres hommes. Jamais on ne l’avait mis au courant de l’aspect hideux de sa face. Or, il y a des faits qu’il ne faut pas révéler trop tôt. L’abysse de l’ignorance vaut parfois mieux que le ferme plancher de la vérité. Lorsque on a trop longtemps chuté dans le premier, on peut se briser le coup en arrivant sur le second. C’est de ces traumatismes là que vivait Adam. Il se sentait homme, il réalisa qu’il était une bête. Il croyait être un humain, il se révélait n’être qu’un cafard. Ahurissant changement. Dans le regard des hommes, Adam découvrit l’horrible créature qu’il était. Partout où il allait, on le rejetait, se moquait de son visage de crapaud, de son nez grêle, de sa stature famélique, de ses cheveux crasseux. Chaque rue qu’il traversait était une épreuve supplémentaire pour sa pauvre âme. Et dans le fond du chariot, il tentait par tous les moyens d’offrir le moins possible aux passants la vision de sa personne. Il s’écrasait dans un coin, se cachait de ses maigres bras, remontant les épaules, espérant qu’elles bouchent ses oreilles. Il fermait les yeux en espérant oublier. Comme s’il pouvait éteindre le mépris qui l’entourait en ne le voyant pas.
Mais la foule continuait à souligner son passage avec toute la méchanceté dont les hommes sont capables. Ce n’était que pluie d’injures et de calomnies. La masse grouillante d’être se plaisait à répandre autant de vice sur ce pauvre homme. Là, un de ces être crachait du haut de son balcon pour atteindre la carriole. Le répugnant liquide atteignit Adam au menton. Ici, deux enfants couraient pour maintenir, avec leurs petites jambes, l’allure des chevaux. Voyant qu’ils n’y arrivaient pas, ils levaient leurs petits poings en l’air et se répandaient en autant de jurons que leur jeune âge leur avait permis de mémoriser. En inventant même de nouveaux. La méchanceté des enfants n’est pas plus réduite ou plus grande que celle des adultes, seulement elle est plus crue. Moins enchâssée de fausses civilités. Elle est aussi spontané que leurs rires et se sent dans leurs paroles avec autant d’intensité que se sent l’amour quand, poupons, ils tètent le sein de leur mère.
| L | Ma | Me | J | V | S | D |
|---|---|---|---|---|---|---|
| « avr | ||||||
| 1 | ||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 |
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 |
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 |
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 |
| 30 | 31 | |||||